Le Chabichou · Maison Rochedy
Deux étoiles Michelin depuis 1984. Quarante ans de la même exigence — et un père et son fils, aujourd'hui, qui portent ensemble ce que Michel Rochedy a fondé.
1984 · La Deuxième Étoile · Quarante Ans
La deuxième étoile arrive en 1984. Elle n'est jamais repartie. En 2024, Le Chabichou célèbre quarante ans de cette distinction — un record dans l'histoire de la gastronomie alpine. Quarante saisons d'hiver. Quarante hivers sur les mêmes pistes des Chenus, dans la même salle feutrée, avec la même conviction que la cuisine doit émouvoir avant de séduire. Ce que Michel Rochedy a fondé en 1963 avec neuf chambres et un tablier, Stéphane Buron l'a porté depuis 1987 — sans jamais en changer la nature. La précision et la générosité. L'amour du produit. Le refus des effets sans fond. Quarante ans de deuxième étoile, c'est rarissime. À Courchevel, c'est aussi l'histoire d'une maison qui a tout vu passer — les modes, les palaces, les chefs étoilés — et qui est restée elle-même.
Stéphane Buron · MOF · La Transmission
Stéphane Buron arrive en 1987 — venant de chez Christian Willer au Martinez de Cannes, de Palm Beach aux États-Unis, de l'Élysée. Il entre comme second. Il devient chef. En 2002, premier prix Taittinger International. En 2004, Meilleur Ouvrier de France. En 2018, Michel Rochedy lui passe les clés. Il ne les rend pas — il les transmet à son tour. Aujourd'hui, son fils Antonin travaille à ses côtés en cuisine. Une troisième génération qui apprend les mêmes gestes, les mêmes exigences, les mêmes silences entre les couverts. La cuisine du Chabichou est une cuisine de transmission — pas seulement dans les recettes, mais dans la façon d'être là, dans la brigade, chaque soir, depuis trente-sept ans.
La Cuisine · Trois Axes · Une Émotion
Stéphane Buron construit sa cuisine autour de trois axes que le Michelin a retenus — les souvenirs d'enfance du chef, le terroir savoyard, et les voyages au Japon. Trois fils que l'on retrouve dans chaque assiette, selon des proportions qui changent au fil de la saison et des inspirations. L'enfance — les odeurs, les saveurs, les producteurs de toujours. Le terroir — les morilles, les crozets, le Beaufort, les champignons de montagne, la truffe noire de saison. Le Japon — la délicatesse du geste, la précision du couteau, l'umami comme profondeur de sauce. "Ma cuisine est un mariage entre mes souvenirs d'enfance. Un héritage d'odeurs, de saveurs, de produits et des producteurs qui me donnent le meilleur chaque jour." Sa conviction — il ne peut y avoir de grande cuisine sans grands produits. Sa méthode — les sauces d'une belle profondeur que le Michelin note spécifiquement. Sa signature — la simplicité comme art de perfection.
Le soir, Stéphane Buron propose un Menu Expérience — cinq, sept ou neuf séquences baptisées "Les Chenus" du nom des pistes voisines. Un menu qui évolue au fil de la saison, des envies et des arrivages — jamais figé, jamais prévisible. Tartelette aux morilles, mousse d'artichaut à la truffe. Turbo marbré juste confit et quelques grains de caviar. Risotto avec émulsion iodée. Trou normand au granité de fenouil. Foie gras poché au bouillon dashi, condiments agrumes. Chaque séquence est une escale — entre la Savoie, l'Atlantique et le Pacifique. Trois heures à quatre heures trente de table. Une immersion sensorielle où chaque bouchée raconte une histoire.
La recette phare de Stéphane Buron — le porc fermier cuit de la tête à la queue, "pour révéler le produit de A à Z." Une pièce qui dit tout sur sa philosophie — pas le morceau noble présenté seul, mais l'animal entier travaillé dans sa complexité, ses textures, ses températures. Une recette qui revient chaque saison sous une forme légèrement différente. Ceux qui la connaissent l'attendent. Ceux qui la découvrent ne l'oublient pas. C'est le genre de plat qui justifie un voyage à Courchevel pour lui seul.
La salle du Chabichou — moquette épaisse, plafond à caissons, fauteuils d'un blanc neigeux, tables modernes avec plateau en verre fumé. Un décor qui a évolué sans se renier — le classique révisé sans nostalgie, comme la cuisine. La Table d'Hôtes privée du Chef pour les dîners intimes — un petit salon séparé où Stéphane Buron reçoit parfois personnellement. Et chaque jeudi, les cours de cuisine — trois privilégiés entrent dans les cuisines du Chabichou aux côtés du chef. Une façon de partager ce que trente-sept ans de métier ne peuvent pas tous tenir dans une assiette.
Le Michelin le note spécifiquement — "opulent chariot de fromages d'alpage." À Courchevel, à 1 850 mètres, cela veut dire quelque chose de précis — des fromages de montagne choisis par des producteurs que Stéphane Buron connaît par leur prénom. Beaufort d'alpage, Abondance, Reblochon fermier, Tomme de Savoie. Et une cave des vins dont la richesse répond à la profondeur de la cuisine. Le service — qualifié de "charmant" par le guide — discret, attentif, capable de disparaître et de réapparaître exactement au bon moment.
« La simplicité est un art de perfection. »
Stéphane Buron · Chef · Meilleur Ouvrier de France 2004
Le Chabichou · 2 étoiles Michelin depuis 1984
Dans une station qui compte aujourd'hui sept étoiles Michelin réparties entre plusieurs adresses, Le Chabichou est la table qui les a toutes précédées. Celle qui a montré, la première, qu'on pouvait servir une grande cuisine à 1 850 mètres d'altitude. Celle qui a résisté à toutes les modes — la cuisine moléculaire, la cuisine fusion, la cuisine de spectacle — en restant fidèle à sa ligne. Produits. Sauces. Transmission. Les souvenirs d'un chef, son terroir, et un pays qu'il n'habite pas mais dont il comprend l'âme. Quarante ans de deuxième étoile. Un père et son fils en cuisine. Et une piste qui descend jusqu'à la table — le Boulevard du Chabichou, baptisé en leur honneur par la station en 2006.
90 route des Chenus · 73120 Courchevel 1850
2 étoiles Michelin · Menu Expérience 5 / 7 / 9 plats
Ouvert du mardi au dimanche · 19h00 – 20h30
Cours de cuisine chaque jeudi · Enfants dès 6 ans
+33 (0)4 79 08 00 55 · info@lechabichou.com
En 1984, la deuxième étoile arrivait aux Chenus.
Quarante ans plus tard, Stéphane Buron cuisine aux côtés de son fils.
Certaines tables ne vieillissent pas — elles se transmettent.
LE CHABICHOU
© Le Chabichou






















